« On pourrait mettre un pesticide sur le marché et ne plus jamais le réévaluer, autant dire l’autoriser à vie ». 2 300 médecins et scientifiques ont publié ce lundi une lettre ouverte contre le paquet Omnibus VII, un nouveau règlement que la Commission européenne examine à partir de mercredi. Parmi eux, le Dr Louis-Adrien Delarue, médecin généraliste à Angoulême et représentant de l’association Alerte des médecins sur les pesticides, était l’invité de votre radio locale ICI La Rochelle ce mardi à 7h45. « Oui, la Commission européenne est devenue folle », lance-t-il.
« En fait, explique le Dr Delarue, cette folie vient directement des lobbies agrochimiques. Cela consiste à supprimer les règles du jeu, les règles d’encadrement et d’autorisation de mise sur le marché des pesticides. Autrement dit, on pourrait mettre un pesticide sur le marché et ne plus jamais le réévaluer, autant dire l’autoriser à vie. C’est un peu comme si, pour le Mediator, ce médicament qui a donné de graves malformations cardiaques chez les patients, on l’avait mis sur le marché en 1979 et puis on ne l’avait plus réévalué. Et tant pis s’il y a des morts, tant pis s’il y a des malformations cardiaques. »
« Une partie de l’échiquier politique est dénialiste par rapport à la science »
Cette évolution reflète une tendance politique mondiale à remettre en cause les connaissances scientifiques. « C’est aussi le fait de l’extrême droite ou des droites extrêmes, déplore le médecin angoumoisin. C’est ce qu’on a vu pendant la malheureuse loi Duplomb : vous aviez toute une partie de l’échiquier politique qui est dénialiste par rapport à la science. » Surtout, insiste-t-il, ces élus « protègent des grands intérêts privés, les lobbies de l’agrochimie, au détriment de la santé publique. » Le Dr Delarue prévient : « Ce sont les enfants qui sont aujourd’hui les plus vulnérables à ces produits chimiques ».
Les plus anciens médecins « disent qu’ils ne voyaient pas de telles maladies chez des jeunes dans ces proportions-là. Au mois d’octobre, j’ai diagnostiqué quatre cancers chez les moins de 40 ans, et pas par surdépistage. Des cancers du sein, un cancer du cerveau chez une maman qui a un jeune enfant d’un an… Et ça, c’est corroboré par les données de la science, ce n’est pas qu’une impression au doigt mouillé, c’est corroboré par les données de l’INSERM, qui est un statut sérieux, français, scientifique ». »
Pétition à signer et à faire tourner : https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-4089
Source : https://www.linkedin.com/posts/hubert-serret_ue-eu-pesticides-activity-7404442408647798785-0TVG

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